Des victimes des essais nucléaire français enfin entendues
Par Thierry, publié le Jeudi 20 Janvier 2005
Des victimes présumées des irradiations provoquées par les essais nucléaires français en Polynésie ou au Sahara ont hier été entendues pour la première fois par deux juges du pôle santé du tribunal de Paris, saisies depuis le 20 septembre 2004.
Cette instruction fait suite aux dépôts de plaintes avec constitution de partie civile, en décembre 2003, de vétérans des essais nucléaires, souffrant de pathologies cancéreuses, ou de familles de personnes décédées qui dénoncent les conséquences des essais nucléaires.
Pour l'heure, seules dix parties civiles, représentant six malades et quatre personnes décédées d'un cancer
(les premières à avoir porté plainte), ont été jugées recevables par la justice.
Quatre autres plaintes déposées par les représentants de deux personnes décédées, une malade et un couple qui aurait eu un foetus mort avant terme et un autre malformé, sont à l'étude au parquet qui n'a encore pris ses réquisitions sur leur recevabilité.
Les plaintes de deux associations, l'Association des vétérans des essais nucléaires
(Aven) et l'Association polynésienne Moruroa e tatou, ont été rejetées car elles n'avaient pas les cinq ans d'existence requis par la loi pour se constituer partie civile.
Plus de 200 essais nucléaires ont été menés entre 1960 et 1996 par l'armée française au Sahara (dans les années 1960) et en Polynésie. Certains des plaignants dénoncent
"l'absence de protection lors des essais auxquels les personnels assistaient en short". Selon eux,
"les autorités militaires et civiles françaises en charge des expériences (...) n'ignoraient pas les risques".
Le site de l'Aven
Le site de Moruroa e tatou