Le FLNC menace les repreneurs potentiels de la SNCM

 Par Thierry, publié le Dimanche 09 Octobre 2005 

Au 19ème jour du conflit, et a deux jours d'un conseil d'administration sur un éventuel dépôt de bilan de la Société nationale Corse Méditerrannée (SNCM) en voie de privatisation, le FLNC dit "du 22 octobre", l'un des deux principaux mouvements indépendantistes clandestins corses, a menacé hier dans une lettre authentifiée la "sécurité" des éventuels repreneurs de la compagnie maritime présentés par l'Etat.

"L'Etat français vous a provisoirement entrouvert la porte du capital de l'entreprise, nous vous la refermons définitivement. Votre présence, ainsi que celle de vos associés, est indésirable sur notre terre, oubliez votre offre, il en va de votre sécurité", déclarent-ils. "Votre proposition de reprise de la compagnie maritime SNCM est le symbole d'une stratégie économique spéculative que nous combattons", lit-on encore.

Dans un communiqué joint à la lettre, le FLNC du 22 octobre revendique également deux attentats, celui qui a endommagé dans la nuit de samedi à dimanche dernier la vedette des Douanes dans le vieux port de Bastia, et "le jet d'une grenade offensive contre les forces de l'ordre le jeudi 28 septembre" à Bastia, au cours d'une manifestation. Un geste qui n'a pas été évoqué ni par la police, ni par les nombreux journalistes présents lors de cette manifestation. Néanmoins, cette grenade, destinée à assourdir et à "sonner", a pu passer inapercu au milieu du bruit ambiant.

"Nous souscrivons totalement à l'idée de la création d'une compagnie maritime régionale, en attendant qu'elle ne devienne nationale corse, faite d'hommes et de femmes issus du peuple corse et dont l'engagement professionnel serait sans faille et tout acquis à l'intérêt commun de notre pays", poursuit le mouvement clandestin dans son communiqué.

Fustigeant "l'ultralibéralisme qui (nous) étouffe aujourd'hui" et assurant lutter pour une "Corse indépendante" qui devra "se doter d'un service public fort et performant", le FLNC du 22 octobre s'en prend nommément à l'un des repreneurs, Butler, "un financier notoire dont les intention spéculatives sont connues de longue date".

"Nous avions bien compris, messieurs de Villepin et Butler, que vous n'étiez pas des Pères Noël mais plutôt des fossoyeurs de la SNCM",
conclut le communiqué. Le second reprenneur, la société Connex (filiale transport public du groupe Veolia), n'est mentionnée nommément ni dans le communiqué, ni dans la lettre.

Par ailleurs, militants et élus nationalistes ont hier de nouveau occupé l'Office des Transport à Ajaccio (Corse-du-Sud) et ont annoncé la création d'une cellule de crise pour "rapprocher les grévistes et les autres acteurs de la société corse".

"Cela va se traduire par une action auprès du syndicat STC (Syndicat des travailleurs corses) et des autres syndicats pour qu'il puisse y avoir une circulation minimum (de bateaux), pour qu'on laisse accoster les bateaux de service public comme cela a été le cas à Ajaccio", "pour essayer d'aller au plus près des préoccupations des Corses."

Selon un communiqué diffusé par les élus nationalistes, des objectifs communs ont conduit à création de la cellule de crise comme le refus de la destruction du service public de desserte maritime corse ou encore la création d'une compagnie corse de service public.